Chirurgie oculo-plastique et orbitaire

Chirurgie oculo-plastique et orbitaire

L’activité de chirurgie oculo-plastique et orbitaire du service d’ophtalmologie du NHC consiste à traiter et à remodeler les structures péri-oculaires et plus spécifiquement les paupières supérieures et inférieures, l’orbite (l’os qui entoure l’œil) et le système lacrymal (tout ce qui concerne les larmes).

La plupart de ces opérations se déroulent sur le mode ambulatoire et sous anesthésie locale.

1) Tumeurs palpébrales
Les tumeurs peuvent être bénignes (non cancéreuses) ou malignes (cancéreuses). Ces deux types de lésions peuvent survenir au niveau de l’œil, des paupières ou de l’orbite.
Les tumeurs palpébrales concernent le plus souvent la peau. Il s’agit de pathologies fréquentes pouvant se présenter sous la forme de plusieurs types de cancer cutanés, mais le carcinome baso-cellulaire est de loin le plus fréquent.
Il s’agit heureusement d’un cancer à croissance très lente et qui n’occasionne que rarement des métastases.
Le traitement consiste à retirer chirurgicalement l’intégralité de la tumeur permettant le plus souvent une guérison.
Ce geste est souvent combiné à une reconstruction de la zone retirée.

2) La chirurgie du larmoiement
Le larmoiement peut survenir suite à une sécrétion de larmes trop importante, ou suite à une pathologie obstruant le système de drainage des larmes vers le nez via les méats lacrymaux, les canaux lacrymaux puis le sac lacrymal.
De façon physiologique, un larmoiement peut survenir lorsque l’on pleure ou lorsque l’on est exposé à des situations irritantes pour la surface oculaire (oignons, vent, allergies, …) Cependant, si une pathologie (traumatisme, infection) atteint le système de drainage des larmes, le larmoiement peut devenir très handicapant et altérer la qualité de vie.
Le traitement consiste le plus souvent à reperméabiliser le sac lacrymal vers les fosses nasales grâce à une dacryo-cysto-rhinostomie mais peut aussi agir sur les autres structures de drainage.

3) Ptôsis
On parle de ptôsis lorsque la paupière supérieure est tombante. Cela peut survenir lorsque le muscle qui relève la paupière est faible ou désinséré. Les personnes atteintes de ptôsis ont souvent une gêne visuelle les obligeant à soulever manuellement leur paupière afin de mieux voir. Le ptôsis peut également être congénital et donc exister chez des enfants en bas âge.
Le traitement est exclusivement chirurgical et consiste à remonter la paupière supérieure en agissant sur le muscle releveur.

4) Blépharoplastie supérieure
La chirurgie de blépharoplastie des paupières supérieures est réalisée afin de diminuer l’excès cutané et graisseux qui peut exister au niveau des paupières supérieures. Cet excès cutané que l’on appelle « dermatochalasis » est lié à l’âge le plus souvent. Cela occasionne une sensation de lourdeur des paupières et provoque une amputation du champ visuel supérieur.
Pendant la blépharoplastie, le chirurgien fait une petite incision dissimulée dans le pli naturel de la paupière et retire l’excès de peau et de graisse. Le geste peut être associé selon le cas à un repositionnement du sourcil. Les cicatrices en fin d’intervention sont peu visibles et disparaissent complètement avec le temps.

5) Ectropion / Entropion
Lorsque la paupière inférieure est retournée vers l’extérieur, on parle d’ectropion. Lorsque la paupière s’enroule vers l’intérieur, on parle d’entropion.

Ces pathologies sont fréquentes et sont le plus souvent liées à l’âge. Elles peuvent être très handicapantes en provoquant un inconfort général avec des larmoiements, des irritations de la surface de l’œil par les cils et des conjonctivites à répétition.
Dans les cas les plus avancés, cela peut provoquer une baisse de vision.
Seule la chirurgie est efficace pour soulager les patients.

6) Les maladies thyroïdiennes
L’hyperthyroïdie est une maladie liée à la glande thyroïde qui produit plus d’hormones que nécessaire.
Cette maladie peut atteindre les structures péri-oculaires en plus des autres symptômes (perte de poids, irritabilité, trouble du rythme cardiaque, …).
Le plus souvent, cela se traduit par une exophtalmie (yeux exorbités) et des paupières gonflées mais cela peut également provoquer une vision double voire une perte de vision dans les cas graves.
Le traitement est en premier lieu médicamenteux, en concertation avec les endocrinologues. Une chirurgie de l’exophtalmie peut être réalisée dans les cas importants. Une chirurgie de la diplopie (de la vision double) peut être réalisée après parfaite stabilité de la maladie. La chirurgie palpébrale sera faite en dernier lieu afin de redonner un aspect normal aux paupières.

7) Enucléation / Eviscération
L’énucléation consiste à retirer chirurgicalement l’œil. Cette chirurgie est recommandée uniquement lorsqu’il n’existe pas d’autre alternative (en dernier recours) : tumeur oculaire maligne, soulager un œil non voyant douloureux, réduire le risque d’ophtalmie sympathique (inflammation de l’œil sain).
La chirurgie consiste à retirer l’œil dans l’orbite et à fixer un implant à la place pour restaurer un volume esthétiquement satisfaisant.
L’éviscération consiste à retirer le contenu oculaire tout en laissant l’enveloppe de l’œil en place dans l’orbite. Un implant est également mis en place en fin d’intervention.
Dans les deux cas, le geste est suivi dans les 15 jours d’une adaptation de prothèse oculaire par un oculariste afin d’obtenir un aspect esthétique tout à fait acceptable.