RETINE ARTIFICIELLE, THERAPIE GENIQUE et THERAPIE CELLULAIRE
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RETINE ARTIFICIELLE, THERAPIE GENIQUE et THERAPIE CELLULAIRE

La recherche avance à grands pas en France dans le domaine des maladies rétiniennes cécitantes. Ces dernières années ont vu l’émergence de nouvelles thérapeutiques pour les aveugles, dans le cadre d’essais cliniques.

D’une part, des premiers résultats prometteurs ont été obtenus grâce à la mise en place de rétines artificielles, appelée oeil bionique dans les médias.
Elle est développée depuis une dizaine d’années aux Etats Unis et très récemment en France. Au total, près de 180 patients dans le monde ont été équipés de cette technologie, commercialisée par la société Second Sight®.
Elle s’adresse à des patients aveugles, ou dont l’acuité visuelle est limitée à la perception lumineuse, qui ont une pathologie rétinienne, mais dont le nerf optique est à priori fonctionnel. Ce sont principalement des patients souffrant de rétinite pigmentaire.
Le principe est l’implantation au cours d’une vitrectomie d’un capteur contenant une soixantaine d’électrodes sur la surface de la rétine. Le patient porte des lunettes qui filment l’environnement du patient et transmettent au capteur l’information visuelle.
Les résultats sont très encourageants, mais avec une très grande variabilité interindividuelle. Certains retrouvent une autonomie dans la vie quotidienne, rares sont encore ceux qui peuvent à nouveau lire. La rééducation post opératoire est l’étape clé des résultats visuels. En effet, le patient doit « réapprendre » à voir, c’est à dire traiter une information lumineuse nouvellement perçue.
Une étude en France est en cours, prévue sur 36 patients, dans 3 centres (Paris, Bordeaux et Strasbourg), 18 patients ont déjà été implantés.
Une autre approche thérapeutique très prometteuse est la thérapie génique. Elle s’adresse à des patients aveugles, qui ont une pathologie rétinienne d’origine génétique, et dont la mutation est connue. Ainsi, l’amaurose congénitale de Leber, due à une mutation du gène RPE65, la choroidéremie, maladie récessive liée à l’X, la maladie de Usher, ou encore la maladie de Stargardt font l’objet d’essais cliniques de thérapie génique. Le but est de transférer un gène normal aux cellules dont la fonction est altérée du fait de la mutation. A ce jour, des résultats spectaculaires ont été obtenus chez des chiens. Chez l’homme, les résultats sont encore très limités, mais les progrès des cinq dernières années dans ce domaine font espérer une véritable révolution pour le pronostic visuel des patients atteints de ces pathologies.
En France, c’est à Paris (Institut de la Vision) et à Nantes que se déroulent ces essais cliniques.
Enfin, la thérapie cellulaire est une autre approche pour essayer de vaincre la cécité, grâce à une injection de cellules souches. Celles ci proviennent soit d’embryons, soit de cellules de l’adultes qui ont été reprogrammées pour redevenir des cellules souches. Les essais cliniques ont inclu des patients souffrant de DMLA atrophique et de la maladie de Stargardt. Le remplacement des cellules rétiniennes malades par des cellules souches reprogrammées ou encore la stabilisation d’un processus dégénératif par un système neuroprotecteur en une injection sont encore des objectifs à atteindre, avec des résultats cliniques très restreints.
En conclusion, la recherche sur la cécité par pathologie dégénérative rétinienne fait l’objet d’avancées majeures actuellement, avec un espoir à moyen terme de rendre une acuité visuelle utile à de très nombreux patients aveugles.